Comment savoir si les libellules, stars des tourbières, se portent bien ?

Dans un contexte de changement climatique, la Réserve naturelle de la Tourbière de Machais a été le terrain de relevés pour une étude pilote sur le suivi de l’évolution de la population de libellules par récolte d’« exuvies », les mues des larves.

Le cycle de vie des libellules est lié à la présence et à la qualité de l’eau, indispensables pour le développement de leurs larves et leur passage au stade « imagos », entendez la métamorphose en adultes. Les libellules étudiées à Machais sont des espèces dites « tyrphobiontes » c’est-à-dire inféodées aux tourbières. Ces milieux sont en forte régression en France et très vulnérables aux changements globaux, tel que le changement climatique. Le devenir des espèces qu’ils abritent est donc incertain. Or ces milieux et espèces constituent l’objet de protection premier de la Réserve naturelle de la Tourbière de Machais.

La présence de mues laissées par les larves de libellules, appelées « exuvies », apporte des informations précieuses puisqu’elles fournissent une preuve de la reproduction d’une espèce sur place. Les stades larvaires sont par ailleurs étroitement dépendants des conditions de vie aquatiques : température de l’eau et de l’air, période de gel, nourriture disponible, etc. Des changements de ces paramètres pourraient ainsi avoir des impacts forts sur l’occupation des tourbières par les espèces de libellules les plus sensibles. Ces paramètres sont donc suivis dans plusieurs mares de la Réserve naturelle depuis mai 2021.

L’objectif de cette étude est de suivre la population des libellules tyrphobiontes à partir de la recherche d’exuvies et d’identifier éventuellement les facteurs de déclin. Pour ce faire les techniciens de la Réserve naturelle, renforcés par leurs collègues du PNRBV et par Jeanne, une stagiaire recrutée 6 mois pour travailler sur cette étude sont passés 4 fois sur 100 placettes différentes !

Les données récoltées sont en cours d’analyses début 2022 auprès d’un chercheur spécialiste en biostatistique, et devraient permettre de proposer un protocole de suivi pour toutes les tourbières du massif des Vosges à partir de 2023.

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